Voiture électrique de Dyson : le projet fait son chemin

Dernière mise à jour: 28.03.20

 

Sir James Dyson, fondateur et directeur du département Recherches et Développement de la société éponyme a annoncé en 2017 l’intention du groupe de se lancer dans le monde de l’automobile. Le projet tend à se concrétiser aujourd’hui, après l’annonce officielle en 2018 du choix de Singapour pour abriter l’usine de fabrication du véhicule de marque Dyson. Si la stratégie commerciale semble facile à cerner quant au choix de cette implantation géographique, l’empire bâti à partir de l’aspirateur-balai maintient encore le suspense à son paroxysme. Tous les technicités et autres détails passionnants concernant la construction du véhicule sont encore jalousement gardés, et les informations ne filtrent qu’au compte-gouttes. On connaît déjà le principe du fondateur quant au principe du secret bien gardé et de la surprise technologique innovante dont il nous a démontré les valeurs avec tous ses produits. L’on est donc en mesure de s’attendre à une nouveauté au-delà de toute attente, comme l’ingénieur aux multiples brevets et inventions nous a habitués avec ses anciennes créations.

 

Singapour, un choix stratégique

Les locaux du centre de recherche et d’études de Hullavington abritent déjà les 400 ingénieurs recrutés et dédiés au projet Dyson voiture électrique. Avec plusieurs millions d’euros investis et plusieurs autres encore à injecter dans un tel projet, le constructeur se donne les moyens de son ambition. Le dernier en date concerne la déclaration indiquant l’approbation par le conseil d’administration du groupe pour la construction de l’usine de fabrication de son automobile à Singapour, la cité-État dans laquelle le siège social a d’ailleurs été déplacé au début de l’année 2020.

Le choix de l’implantation de cette usine est loin d’être fortuite. En effet, Singapour constitue un accès de premier choix pour le marché asiatique en général, plus particulièrement la Chine et le Japon, qui constituent un vaste marché potentiel à exploiter pour la voiture électrique. Le Japon, d’ailleurs, reste associé à l’histoire du développement de Dyson, sachant que le premier aspirateur G-Force y a été la carte de visite de l’industriel pour se faire un nom dans cet archipel du Pacifique. Ce pays a en outre certainement valu à Dyson d’avoir la notoriété dont il bénéficie aujourd’hui, grâce aux revenus qu’il a pu en tirer pour développer son empire.

 

 

Projets d’infrastructures

Si l’usine de Singapour en cours de construction sera à terme destinée à la construction et à l’assemblage de la voiture électrique de Dyson, de gros investissements matériels restent quand même en cours au Royaume-Uni. En effet, l’achat de l’ancienne base utilisée par la Royal Air Force à Hullavington a permis de caser les 400 ingénieurs. En outre, un autre centre de recherche plus ancien situé à quelques kilomètres de là pourrait être appelé à contribuer. Trois autres bâtiments en cours d’aménagement sur le même site devraient être prêts dans les prochains mois, selon l’indication de Sir James Dyson il y a quelques mois, vers la fin de l’année 2018. Par ailleurs, la construction d’une piste d’essai de quinze kilomètres pourrait également être envisageable.

En tout cas, le groupe dispose de quoi se le permettre, avec un plan d’investissement total estimé à plus de 2 milliards d’euros pour ce projet de voiture électrique.

 

Technologie

Comme à son habitude, tout ce qui concerne la technique et les détails de son projet sont classés secret-défense. Sir James Dyson n’a finalement livré que peu d’informations sur son projet lors d’une interview accordée en octobre 2018 à un quotidien germanophone. Cependant, divers éléments essentiels ont pu être mis en avant quant à la version en étude du véhicule. Tout d’abord, le design : plus personne ne doute, au vu de l’apparence que le constructeur met dans ses aspirateurs. La capacité de conduite autonome fera certainement aussi partie des options dans la livrée finale de la voiture électrique Dyson. En effet, le groupe dispose à Singapour d’un laboratoire de recherche et développement axé sur l’intelligence artificielle, dont les résultats des travaux seront peut-être mis à contribution sur son nouveau matériel roulant. Sur un côté plus physique, le constructeur se penchera spécialement sur l’aérodynamisme.

Fort de son expérience acquise dans l’électroménager sur le comportement des flux aériens, l’on peut s’attendre à une aérodynamique pointue appliquée sur le nouveau concept de véhicule. Enfin, le plus gros des investissements en matière de technologie concerne la batterie. Plus d’un milliard d’euros seront destinés à la recherche et à la finalisation d’une batterie à électrolyte solide, dont Dyson prône la compacité, la puissance et la solidité. D’autres solutions possibles comme la diminution de la pollution et la réduction exponentielle de temps de charge sont également mises en avant. En effet, si les études effectuées depuis sept ans arrivent à terme, quelques minutes suffisent pour recharger la batterie à bloc, contre les quelques heures aujourd’hui nécessaires pour les batteries lithium-ion.

 

 

Marché potentiel

Avec un tel investissement, et un premier coup à poser dans le monde de la voiture électrique, Dyson compte pénétrer le cercle très fermé du secteur automobile et des constructeurs classiques. Ceux-ci lui ont déjà valu une première réticence par rapport à son système de captage des gaz d’échappement des moteurs diesel, dans les années 90, et il est clair qu’ils scruteront à la loupe toute évolution du projet en cours. Pour sa part, Sir James Dyson parle d’un concept radical, et compte maintenir le cap pour réaliser le projet de commencer à commercialiser son produit à partir de l’année 2021.

Pour sa première livrée, il parle d’un véhicule haut de gamme, qui disposera des dernières pointes technologiques dont il a le secret, mais dont il n’a laissé filtrer aucun indice exploitable ou révélateur. Seules les informations déjà connues et qui ne peuvent laisser aucune estimation ou anticipation quant au réel potentiel de la nouveauté ont été distillées. En plus du modèle haut de gamme, il pense également mettre en place la construction de deux autres modèles destinés à un marché plus large, mais dotés quand même de la technologie dont Dyson a le secret pour surprendre et innover.

 

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